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La fondation d’art Liu Shiming et l’AUB s’accordent sur une future collaboration


Au cours de leur visite au Liban la semaine dernière, les représentants de la Liu Shiming Art Foundation ont annoncé l’établissement d’un fonds de dotation destiné aux étudiants en art de l’Université américaine de Beyrouth (AUB). Un pas qui ouvre la voie à diverses perspectives de collaboration.


OLJ / Par Chantal EDDÉ, le 02 mars 2023 à 00h00


Photo souvenir lors de la visite des représentants de la Liu Shiming Art Foundation à l’AUB. De gauche à droite, au premier rang, Zhiyong Yang, Wei Liu, Walid Sadek (AUB), Andy Serwer. Au second rang, Linda Liang, Siyang Qi, Sharon Qu, Puiking Hui. Photo Liu Shiming Art Foundation


Les premiers bénéficiaires du fonds de dotation établi par la Liu Shiming Art Foundation sont les étudiants en dernière année du Studio art du département des beaux-arts et de l’histoire de l’art de l’AUB. Dès la rentrée de septembre 2023, la majeure partie de cette dotation – qui sera générée chaque année – aidera les futurs diplômés à acheter le matériel nécessaire à la préparation de leur exposition de fin de cursus. « Ce fonds de dotation est le bienvenu, compte tenu de la situation ici. Nous en sommes reconnaissants », souligne ainsi Walid Sadek, professeur et directeur du département des beaux-arts et de l’histoire de l’art. L’autre partie du fonds sera utilisée pour acheter le matériel – papier, peinture, etc. – et le fournir aux étudiants de 1re et 2e année pour leur production en studio.


En parallèle, dans le cadre de l’accord, une exposition des œuvres de l’artiste chinois de renommée internationale, Liu Shiming, sera prévue au cours de l’année prochaine à l’AUB. Pour Walid Sadek, l’intérêt pour les étudiants sera non seulement de découvrir cet artiste, mais aussi de développer un projet autour de questions sur le réalisme socialiste, l’esthétique des campagnes paysannes, ou tout autre sujet lié aux œuvres et contexte de création de Liu Shiming. « Ce sera une opportunité de se familiariser avec un contexte culturel très éloigné du nôtre, de s’ouvrir à un art autre que l’art occidental, de se poser des questions pertinentes historiquement », explique-t-il. « Ce questionnement ne peut qu’enrichir l’éducation artistique de nos étudiants.»


Pour la Liu Shiming Art Foundation, l’accord avec l’AUB fait partie de sa mission. Collaborant avec 23 établissements universitaires dans 10 pays, la fondation, basée à New York, accorde déjà 39 bourses et souhaite en atteindre 100. « L’idée est d’accéder à autant de régions du monde que possible. Nous avons une forte représentation à l’Ouest, entre les États-Unis et l’Europe, et nous voulons couvrir cette partie du monde aussi », affirme Andy Serwer, membre du conseil consultatif de la Liu Shiming Art Foundation.


Créée il y a 2 ans dans le but de préserver l’œuvre de Liu Shiming, la fondation espère développer le discours sur l’art, l’histoire et la culture à travers le monde, en soutenant les artistes dans leurs études et leur création artistique. « L’accent est mis sur l’art asiatique, mais aussi sur la manière dont il s’intègre dans le schéma artistique global, ainsi que sur la tentative de rapprocher la pensée orientale et occidentale non seulement pour l’étude de l’art, mais aussi pour l’expérience humaine », explique Andy Serwer.


Quant au choix de la fondation d’intégrer le Liban dans son réseau, ce dernier met en avant l’aspect interculturel du pays. « Beyrouth est un carrefour fascinant, d’un point de vue culturel et historique, ce qui rend cette collaboration intéressante », ajoute-t-il. Il évoque également la spécificité des œuvres des artistes libanais, imprégnés par l’histoire de leur pays, avec ce qu’elle porte comme aspects positifs et négatifs, et par l’angoisse sociale qui y règne. « L’art vient des circonstances les plus difficiles, historiquement cela a toujours été le cas, et la vraie passion peut se déclencher quand les gens sont sous une grande pression », note-t-il. Il s’agit aussi pour la fondation de dire à « ces artistes qu’ils ne sont pas seuls et qu’il y a d’autres personnes dans le monde qui peuvent comprendre leur travail, et peut-être que cela peut finalement aider à rassembler les gens et à mettre les choses en perspective, d’une manière qui atténuerait en quelque sorte les conditions de la douleur et nous aiderait à servir davantage cette expérience humaine », continue Andy Serwer.


C’est dans ce contexte que l’intégration de l’AUB au réseau de la fondation prend tout son sens. Il s’agit de sensibiliser « les gens aux possibilités de se connecter à l’art asiatique, et de mettre en lumière son rapport à l’art occidental et à l’art du Moyen-Orient », souligne Andy Serwer, précisant que l’idée est de montrer comment la connexion à travers l’art peut rapprocher les humains, toutes origines confondues.



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